
La multiplication des attaques et du harcèlement en ligne contre les journalistes est une tendance inquiétante qui menace clairement la liberté d'expression. Pour exercer leurs droits et devoirs, les journalistes ont besoin d'accéder à des espaces de débat public où ils peuvent partager informations et opinions sans crainte de censure ni de représailles. Les abus en ligne, et plus généralement les craintes pour leur sécurité, peuvent les conduire à l'autocensure.
Ce module explore différentes formes de harcèlement en ligne, notamment le doxxing, la surveillance, le piratage informatique, les propos discriminatoires et la diffusion non consensuelle d'images intimes ou à caractère sexuel. Il examine les réponses juridiques à ces pratiques dans le contexte européen, puis propose des pistes pour protéger son identité en ligne.
Menaces et harcèlement en ligne
Il est largement admis qu'Internet permet l'exercice d'un large éventail de droits de l'homme, notamment la liberté d'expression et le droit à l'information.1
Parallèlement, si les progrès technologiques ont élargi les possibilités de communication et d'exercice du journalisme pour les journalistes, ils ont également engendré du harcèlement et des abus en ligne, touchant particulièrement les femmes journalistes et d'autres groupes marginalisés. Pour plus d'informations, consultez notre fiche d'information sur le harcèlement en ligne et le genre.
Bien que le harcèlement en ligne se produise dans de nombreux contextes différents, les plateformes de médias sociaux constituent un terrain particulièrement fertile pour de tels comportements.2 Pour celles et ceux qui subissent directement du harcèlement en ligne, ces expériences ont de profondes conséquences dans le monde réel, allant du stress mental ou émotionnel à l'atteinte à la réputation, voire à la peur pour sa sécurité personnelle.
Le harcèlement et les attaques en ligne dont sont victimes les journalistes constituent une tendance inquiétante. Pour exercer leur droit à la liberté d'expression, les journalistes doivent pouvoir accéder à des espaces de débat public et partager leurs idées et opinions sans être censurés ni craindre de représailles.3 La peur pour leur sécurité ou le caractère insupportable des abus en ligne peuvent les conduire à l'autocensure et les inciter à se déconnecter ou à cesser de signaler les problèmes.4
Le harcèlement en ligne englobe un large éventail d'attaques numériques, notamment le doxxing, la surveillance, les menaces, la diffusion non consensuelle d'images intimes ou sexuelles, le harcèlement criminel, le piratage informatique, l'usurpation d'identité et les propos discriminatoires.5
Dans ce contexte, le harcèlement peut également inclure des activités non désirées et intimidantes, par exemple par le biais de messages ou d'applications.6 Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des définitions les plus pertinentes :
Types de harcèlement en ligne
- Le cyberharcèlementLe terme « cyberharcèlement » (comme « harcèlement en ligne ») désigne un ensemble de comportements de harcèlement sur Internet. À l'instar du harcèlement physique, le « cyberharcèlement » vise généralement les jeunes et fait référence aux « actes de violence intentionnels et répétés commis au moyen d'ordinateurs, de téléphones portables et d'autres appareils électroniques ».
- attaques de cyber-foulesLes attaques de type « cyberfoule » se produisent lorsqu'un groupe important se rassemble en ligne ou sur Internet pour humilier, harceler, menacer ou discréditer collectivement une cible, souvent issue d'un groupe traditionnellement marginalisé. Ces attaques sont fréquemment perpétrées en représailles à la prise de position sur un sujet politiquement sensible ou à l'expression d'idées que la foule indignée désapprouve.
- CyberstalkingDans un contexte juridique, le « cyberharcèlement » désigne l’utilisation prolongée (un « comportement persistant ») de harcèlement en ligne visant à tuer, blesser, harceler, intimider ou surveiller une personne. Le cyberharcèlement peut comprendre un certain nombre de comportements de harcèlement commis de manière répétée ou régulière, qui causent généralement à la personne visée de la peur, de l’anxiété, de l’humiliation et une détresse émotionnelle extrême.
- Attaques par déni de service (DoS) ou par déni de service distribué (DDoS)Une attaque DDoS est une cyberattaque qui perturbe temporairement ou indéfiniment le service Internet en submergeant un système de données, ce qui peut entraîner la panne ou l'indisponibilité du serveur web. Lors d'une attaque DDoS, le ou les attaquants prennent le contrôle des ordinateurs de plusieurs utilisateurs afin d'attaquer l'ordinateur d'un autre utilisateur. Cela peut contraindre les ordinateurs compromis à envoyer d'importantes quantités de données vers un site web spécifique ou à envoyer des spams à des adresses électroniques ciblées.
- Le doxing (ou divulgation de documents)Le doxing désigne la publication en ligne d'informations personnelles sensibles, telles que l'adresse du domicile, l'adresse électronique, le numéro de téléphone, des photos, etc., dans le but de harceler, d'intimider, d'extorquer, de traquer ou d'usurper l'identité d'une personne ciblée.
- Discours haineux : Les propos haineux désignent les attaques visant un aspect spécifique de l'identité d'une personne, comme sa race, son origine ethnique, son identité de genre, etc.
- Partage non consensuel d'images et de vidéos intimesCela inclut l'extorsion sexuelle, une forme de chantage dans laquelle l'agresseur menace de divulguer des images intimes ou sexuellement explicites afin d'amener une personne à faire quelque chose, ainsi que l'envoi non sollicité d'images et de vidéos sexuellement explicites ou violentes.
- harcèlement sexuel en ligneLe harcèlement sexuel en ligne englobe un large éventail de comportements sexuels inappropriés sur les plateformes numériques et inclut certaines formes plus spécifiques, comme les « représailles ». Il se manifeste souvent par des propos haineux ou des menaces en ligne. On distingue quatre types de harcèlement sexuel en ligne : le partage non consenti d’images et de vidéos intimes ; l’exploitation, la coercition et les menaces ; le harcèlement à caractère sexuel ; et la sexualisation non désirée.
- Pêche à la traîneLe terme « trolling » a tellement évolué au fil du temps qu'il n'existe plus de définition unique et consensuelle. Le « trolling » est défini ici comme la publication répétitive de commentaires incendiaires ou haineux en ligne par un individu dont l'intention est d'attirer l'attention, de nuire intentionnellement à une cible, de semer la zizanie et/ou la controverse, et/ou de rejoindre un groupe de trolling ayant déjà lancé une campagne de trolling. Il existe trois sous-catégories de trolling à connaître : le « conce rolling », où les harceleurs se font passer pour des fans ou des soutiens de votre travail dans le but de faire des commentaires nuisibles ou dénigrants déguisés en critiques constructives ; le « dogpiling », où un groupe de trolling s'allie pour submerger une cible par un flot de questions fallacieuses, de menaces, d'insultes et autres actions visant à la faire honte, la réduire au silence, la discréditer ou la forcer à se déconnecter ; et le déploiement de botnets ou de faux comptes, utilisés pour diverses raisons, allant de la promotion de la propagande à l'amplification de la haine ou de la diffamation contre des individus ciblés.
La lutte contre le harcèlement en ligne soulève de nombreux défis, notamment celui d'amener les législateurs et les forces de l'ordre à reconnaître la gravité de ces actes de harcèlement et de menaces, et à les traiter avec la préoccupation qu'ils méritent. Il est essentiel de reconnaître que le préjudice réel et persistant subi est le même, que le harcèlement et les menaces se produisent en ligne ou hors ligne. D'autres difficultés, exacerbées dans l'espace numérique, concernent le volume de menaces reçues, compte tenu de la relative facilité avec laquelle elles peuvent être proférées via les plateformes de médias sociaux, par exemple ; et les difficultés concomitantes à identifier les auteurs, qui parviennent parfois à masquer leur identité en ligne. Bien que cette question soit liée à celle de l'anonymat en ligne et du chiffrement, elle ne saurait justifier une interdiction pure et simple de ces outils techniques.
Contexte international
La liberté d'expression est garantie aussi bien en ligne que hors ligne, et les crimes contre les journalistes sont commis dans les deux espaces. Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (CDH) a souligné « les risques particuliers pour la sécurité des journalistes à l'ère numérique », qui entraînent des violations de leurs droits au respect de la vie privée et à la liberté d'expression.7 En outre, le rapport constate que l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes demeure « l’un des plus grands défis » à leur sécurité et condamne toutes les attaques contre les journalistes, en ligne comme hors ligne.8
Dans son Observation générale n° 34, le Comité des droits de l’homme de l’ONU précise en outre qu’en aucun cas « une attaque contre une personne, en raison de l’exercice de sa liberté d’opinion ou d’expression » ne peut être justifiée.9 En outre, elle reconnaît que les journalistes et d'autres personnes sont souvent victimes de menaces, d'intimidations et d'attaques en raison de leur travail.10
Contexte régional : Union européenne
Tant le traité de l'UE (articles 2, 6, 21 et 49) que la Charte de l'UE (articles 7, 8, 10, 11 et 22) contiennent des dispositions applicables au harcèlement en ligne des journalistes.11 Dans ce contexte, l’UE a déclaré que l’une de ses priorités d’action était « la lutte contre la violence, la persécution, le harcèlement et l’intimidation des personnes, notamment des journalistes et autres acteurs des médias, en raison de l’exercice de leur droit à la liberté d’expression en ligne et hors ligne, et la lutte contre l’impunité pour de tels crimes », appelant les États à créer des environnements sûrs pour les acteurs des médias et à prévenir les violences à leur encontre.12
En outre, l’UE s’est engagée à « promouvoir et à respecter les droits de l’homme dans le cyberespace et les autres technologies de l’information et de la communication ».13
En 2021, le Parlement européen a également adopté une résolution d'initiative législative recommandant à la Commission de criminaliser les cyberviolences sexistes.14
Dans le même temps, des experts ont critiqué le fait qu'au niveau de l'UE, il n'existe pas de définition cohérente du harcèlement en ligne, ce qui réduit la capacité des autorités chargées de l'application de la loi à agir.15
Contexte régional : Conseil de l'Europe
Au sein du Conseil de l'Europe, le Comité des Ministres a abordé la question du harcèlement en ligne dans plusieurs recommandations. Il a notamment invité les États à sensibiliser la population aux usages sexistes des réseaux sociaux et aux menaces en ligne.16 et a exprimé son inquiétude face au harcèlement et aux menaces en ligne17L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Angleterre a également souligné la nécessité de :
La protection effective du droit à la liberté d'expression et à la liberté d'information, en ligne et hors ligne, et […] il faut faire davantage pour contrer les dangers engendrés par les atteintes au droit à la liberté d'expression et d'information sur Internet, telles que l'incitation à la discrimination, à la haine et à la violence, visant en particulier les femmes ou les minorités ethniques, sexuelles ou autres ; les contenus pédopornographiques ; le harcèlement en ligne ; la manipulation de l'information et la propagande ; et l'incitation au terrorisme.18)
La CEDH a adopté une approche similaire. Tout en reconnaissant les nombreux avantages d'Internet, elle reconnaît également ses dangers, notamment la diffusion de discours de haine et de discours incitant à la violence.19 Compte tenu des caractéristiques propres à Internet par rapport aux médias imprimés, et des risques différents que son utilisation fait peser sur la jouissance des droits de l'homme, les règles qui lui sont appliquées doivent être modifiées.20
La CEDH a reconnu – bien que pas dans le contexte du journalisme – la cyberviolence comme une forme spécifique de violence à l’égard des femmes21 et a reconnu son lien étroit avec la violence « réelle ».22 Dans une affaire concernant le partage non consensuel d'images et de menaces en ligne par un ancien partenaire, la CEDH a précisé qu'en vertu de l'article 8 de la CEDH, les États sont tenus de poursuivre les auteurs de ces actes et de protéger les victimes contre les cyberviolences récurrentes.23 En outre, elle a constaté que l’absence d’enquête sur les commentaires discriminatoires et haineux peut constituer une violation des articles 14 et 8 de la CEDH.24
Protéger son identité
Anonymat, accès aux services VPN, utilisation du chiffrement
Le chiffrement et l'anonymat sont essentiels à la protection de la liberté d'expression et du droit à la vie privée en ligne.25)
L'anonymat peut être défini soit comme le fait d'agir ou de communiquer sans utiliser ni présenter son nom et son identité, soit comme le fait d'agir ou de communiquer d'une manière qui protège la détermination de son nom ou de son identité, ou encore comme le fait d'utiliser un nom inventé ou d'emprunt qui ne correspond pas nécessairement à son identité légale ou coutumière.26)
L’anonymat se distingue du pseudo-anonymat : le premier consiste à ne prendre aucun nom, tandis que le second consiste à prendre un nom d’emprunt.27
Comme le reconnaissent différents organismes internationaux,28 L’anonymat est essentiel à l’exercice du droit à la liberté d’expression en ligne. La volonté des individus de participer à des débats publics en ligne, notamment sur des sujets controversés, est étroitement liée à la possibilité de le faire anonymement. Par ailleurs, la divulgation de sources journalistiques et d’autres documents protégés peut avoir des conséquences néfastes pour la liberté d’expression. Si la Cour européenne des droits de l’homme a conclu que la Convention européenne des droits de l’homme ne consacre pas un droit absolu à l’anonymat en ligne, elle a reconnu que l’anonymat est un outil permettant d’« éviter les représailles et l’attention indésirable [et] de favoriser la libre circulation des opinions, des idées et des informations ».29
Le chiffrement désigne « un processus mathématique de conversion de messages, d'informations ou de données en une forme illisible par quiconque autre que le destinataire prévu » et, ce faisant, « protège la confidentialité et l'intégrité du contenu contre l'accès ou la manipulation par des tiers ».30 Avec le chiffrement dit « à clé publique » – la forme dominante de sécurité de bout en bout pour les données en transit – l'expéditeur utilise la clé publique du destinataire pour chiffrer le message et ses pièces jointes, et le destinataire utilise sa propre clé privée pour les déchiffrer.31 Il est également possible de chiffrer les données au repos stockées sur un appareil, tel qu'un ordinateur portable ou un disque dur.32
Contexte international
L’anonymat et le chiffrement sont intrinsèquement liés aux notions de vie privée et de protection des données, car ce sont des outils permettant de protéger et de promouvoir ces droits. En particulier, le chiffrement et l’anonymat sont devenus des moyens essentiels pour les acteurs politiques, les militants, les journalistes et les dissidents de protéger leur vie privée et leur liberté d’expression contre les outils de surveillance spécifiques qui accèdent aux données en transit. Comme l’a décrit le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression :33
Le chiffrement et l'anonymat, utilisés séparément ou conjointement, créent un espace de confidentialité protégeant les opinions et les convictions. Ils permettent, par exemple, des communications privées et protègent les opinions des regards indiscrets, un aspect particulièrement important dans des contextes politiques, sociaux, religieux et juridiques hostiles. Lorsque les États imposent une censure illégale par le biais du filtrage et d'autres technologies, le recours au chiffrement et à l'anonymat peut permettre aux individus de contourner les obstacles et d'accéder à l'information et aux idées sans intrusion des autorités. Journalistes, chercheurs, avocats et acteurs de la société civile s'appuient sur le chiffrement et l'anonymat pour se protéger (ainsi que leurs sources, clients et partenaires) de la surveillance et du harcèlement. La possibilité de naviguer sur Internet, de développer des idées et de communiquer en toute sécurité est parfois le seul moyen pour beaucoup d'explorer des aspects fondamentaux de leur identité, tels que le genre, la religion, l'origine ethnique, la nationalité ou l'orientation sexuelle.
Le chiffrement et l'anonymat sont essentiels au développement et au partage d'opinions en ligne, notamment lorsque des personnes craignent que leurs communications ne fassent l'objet d'ingérences ou d'attaques de la part d'acteurs étatiques ou non étatiques. Ils permettent aux individus d'exprimer des idées controversées sans crainte de représailles et revêtent une importance particulière pour les lanceurs d'alerte, les dissidents et dans les contextes où la liberté d'expression est fortement restreinte.34 Le chiffrement et l'anonymat sont donc des technologies spécifiques permettant aux individus d'exercer leurs droits. Le rôle du chiffrement comme « outil de protection de la vie privée et des droits humains » est largement reconnu par les instances internationales et les experts en droits humains.35 Par conséquent, les restrictions relatives au chiffrement et à l'anonymat doivent satisfaire à un test en trois parties pour être justifiables.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) constate avec inquiétude que, ces dernières années, les gouvernements ont pris des mesures de plus en plus nombreuses pour compromettre la sécurité et la confidentialité des communications cryptées, soulignant leur importance pour permettre aux personnes de détenir, d'exprimer et d'échanger des opinions en toute sécurité.36 Le HCDH souligne en particulier le rôle essentiel du cryptage pour les journalistes, les défenseurs des droits humains, les femmes et les civils en situation de conflit armé.37
Selon le Représentant spécial des Nations Unies pour la liberté d'expression, si le chiffrement et l'anonymat peuvent contrarier les responsables de l'application de la loi et de la lutte antiterroriste et compliquer la surveillance, les autorités étatiques n'ont généralement pas fourni de justification appropriée en matière de sécurité publique pour appuyer cette restriction ni pour identifier les situations dans lesquelles cette restriction était nécessaire à la réalisation d'un objectif légitime.38Les interdictions pures et simples concernant l'utilisation individuelle de la technologie de chiffrement restreignent de manière disproportionnée le droit à la liberté d'expression, car elles privent tous les utilisateurs en ligne d'une juridiction particulière du droit de se ménager un espace pour leurs opinions et leur expression, sans qu'il soit nécessaire de prétendre que l'utilisation du chiffrement soit à des fins illégales.39 De même, la réglementation étatique du chiffrement peut équivaloir à une interdiction, par exemple en exigeant des licences pour l'utilisation du chiffrement, en fixant des normes techniques faibles pour le chiffrement ou en contrôlant l'importation et l'exportation des outils de chiffrement.40
Le Représentant spécial des Nations Unies pour la liberté d'expression a appelé les États à promouvoir un chiffrement robuste et l'anonymat, et a noté que les injonctions de déchiffrement ne devraient être autorisées que lorsqu'elles résultent de lois transparentes et accessibles au public, appliquées uniquement de manière ciblée, au cas par cas, à des individus (et non à une masse de personnes), et soumises à un mandat judiciaire et à la protection des droits à une procédure régulière des individus.41 De même, le HCDH a fait écho à ces appels en recommandant aux États d’éviter toute restriction directe ou indirecte, générale et indiscriminée, à l’utilisation du chiffrement, de ne cibler des individus que sur autorisation d’un organe juridique indépendant au cas par cas, et seulement lorsque cela est strictement nécessaire pour l’enquête ou la prévention de crimes graves.42
Contexte régional : Union européenne
Plusieurs institutions de l'UE ont souligné l'importance des communications chiffrées. Par exemple, en 2020, le Conseil de l'Union européenne a élaboré une résolution sur le chiffrement, notant que :
L’Union européenne soutient pleinement le développement, la mise en œuvre et l’utilisation d’un chiffrement robuste. Elle souligne la nécessité de garantir le plein respect des droits fondamentaux et des droits de l’homme ainsi que de l’état de droit dans toutes les actions relatives à la présente résolution, en ligne comme hors ligne. Le chiffrement est un moyen indispensable de protéger les droits fondamentaux et la sécurité numérique des gouvernements, de l’industrie et de la société. Parallèlement, l’Union européenne doit garantir aux autorités compétentes en matière de sécurité et de justice pénale, notamment les forces de l’ordre et les autorités judiciaires, la capacité d’exercer leurs pouvoirs légitimes, en ligne comme hors ligne, afin de protéger nos sociétés et nos citoyens.43
De même, le Code européen des communications, Directive 2018 / 1972 de l'UE reconnaît également la nécessité du chiffrement comme mesure de sécurité et prévoit que :
Les États membres veillent à ce que les fournisseurs de réseaux publics de communications électroniques ou de services de communications électroniques accessibles au public prennent des mesures techniques et organisationnelles appropriées et proportionnées pour gérer adéquatement les risques pesant sur la sécurité des réseaux et des services. Compte tenu de l'état de la technique, ces mesures garantissent un niveau de sécurité adapté au risque présenté. En particulier, des mesures, y compris le chiffrement lorsque cela est approprié, sont prises pour prévenir et minimiser l'impact des incidents de sécurité sur les utilisateurs et sur les autres réseaux et services. (44)
Parallèlement, l'anonymat en ligne et le chiffrement ont suscité des débats entre les législateurs, les agences étatiques et les acteurs de la société civile ces dernières années. L'utilisation des communications chiffrées a notamment soulevé des inquiétudes chez les forces de l'ordre quant à l'identification des terroristes et des auteurs de cybercriminalité, évoquant le « dilemme entre vie privée et sécurité en ligne ».45Dans le contexte des nombreux attentats terroristes survenus en Europe au milieu des années 2010, certains – dont plusieurs législateurs – ont commencé à percevoir le cryptage comme un obstacle à l’application de la loi et se sont engagés dans des efforts pour l’affaiblir.46
En 2020, le projet de document de la Commission européenne intitulé « Solutions techniques pour détecter les abus sexuels sur enfants dans les communications chiffrées de bout en bout » a fuité. Ce document détaille différentes options pour détecter les contenus illégaux dans les communications chiffrées de bout en bout.47 qui ont été fortement critiquées par les experts en raison de leurs nombreux risques en matière de sécurité et de confidentialité.48.
Le 11 mai 2022, la Commission européenne a publié une proposition de loi visant à « Prévenir et combattre les abus sexuels sur enfants » (règlement CSA), qui imposerait aux fournisseurs de services d’hébergement, de communication interpersonnelle et autres de détecter, signaler, supprimer et bloquer les contenus pédopornographiques. Cette obligation s’étend aux contenus pédopornographiques inconnus diffusés lors de communications interpersonnelles chiffrées de bout en bout. Toutefois, la proposition ne prévoyait pas la possibilité pour les fournisseurs de refuser l’exécution d’une injonction de détection en cas d’impossibilité technique. 49 Cette proposition a suscité de vives critiques, notamment de la part d'experts du secteur technologique et d'organisations de la société civile. Le Contrôleur européen de la protection des données et le président du Comité européen de la protection des données ont publié un avis conjoint soulignant comment les technologies de chiffrement « contribuent de manière fondamentale au respect de la vie privée et à la confidentialité des communications, à la liberté d'expression ainsi qu'à l'innovation et à la croissance de l'économie numérique ».50 Concernant la proposition de la Commission, ils ont soulevé de « graves préoccupations en matière de protection des données et de respect de la vie privée » et ont demandé une proposition amendée qui réponde aux exigences de nécessité et de proportionnalité et qui « n’entraîne pas un affaiblissement ou une dégradation du chiffrement de manière générale ».51
Le 14 novembre 2023, la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen a adopté sa position, ajoutant la protection aux communications chiffrées de bout en bout.52 en l'excluant du champ d'application des ordres de détection53L’attention se porte désormais sur le groupe d’experts de haut niveau sur l’accès aux données pour une application efficace de la loi, coprésidé par la Commission et la présidence du Conseil de l’UE.54 pour lesquelles le chiffrement et l'anonymisation ont notamment été identifiés comme les problèmes les plus urgents55.
Contexte régional : Conseil de l'Europe
Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a souligné que le chiffrement est « indispensable à la protection effective du droit à la vie privée, à la liberté d'expression et à de nombreux autres droits de l'homme », ainsi qu'à la confidentialité des sources journalistiques et à la sécurité physique de personnes telles que les défenseurs des droits de l'homme, leurs familles, leurs réseaux, leurs bénéficiaires et leurs collègues.56
Le 13 février 2024, la CEDH a rendu un arrêt dans Podchasov contre la RussieDans une affaire concernant une amende infligée à la messagerie Telegram pour avoir refusé d'obtempérer à une injonction des autorités russes lui ordonnant de divulguer des informations techniques relatives aux communications chiffrées de bout en bout de plusieurs individus soupçonnés d'activités terroristes, la Cour a également souligné l'importance du chiffrement pour la protection du droit au respect de la vie privée et de la liberté d'expression, ainsi que comme moyen de défense « contre les abus des technologies de l'information, tels que le piratage, l'usurpation d'identité et de données personnelles, la fraude et la divulgation illicite d'informations confidentielles ».57 La Cour explique ensuite que, pour permettre le décryptage, il serait nécessaire d'affaiblir le chiffrement pour tous les utilisateurs en créant des portes dérobées, rendant techniquement possible la surveillance générale et indiscriminée des communications de tous les utilisateurs.58 Il en conclut que :
L’obligation de déchiffrer les communications chiffrées de bout en bout risque d’imposer aux fournisseurs de tels services un affaiblissement des mécanismes de chiffrement pour tous les utilisateurs ; elle n’est donc pas proportionnée aux objectifs légitimes poursuivis.59
Références
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Voir par exemple le rapport du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, UN Doc A/HRC/17/27 (2011), paragraphe 67 ; SEAE, Lignes directrices de l’UE sur la liberté d’expression en ligne et hors ligne (non datées), p. 3, (accessible à l’adresse https://www.eeas.europa.eu/sites/default/files/09_hr_guidelines_expression_en.pdf). ↩
-
UNESCO, Protéger les sources journalistiques à l’ère numérique (2017), pp. 132-133, (accessible à l’adresse https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000248054). ↩
-
Article19, Abus et harcèlement en ligne contre les femmes journalistes (non daté), (accessible sur https://www.article19.org/onlineharassment/). ↩
-
Ibid. ↩
-
Ibid. ; voir aussi pour un glossaire des termes : PEN America, Définir « abus en ligne » : un glossaire des termes (non daté), (accessible à l'adresse https://onlineharassmentfieldmanual.pen.org/defining-online-harassment-a-glossary-of-terms/). ↩
-
Ibid. ↩
-
Conseil des droits de l'homme, Résolution 45/18 : La sécurité des journalistes (6 octobre 2002), A/HRC/RES/45/18, p. 3, (accessible à l'adresse https://documents.un.org/doc/undoc/gen/g20/260/18/pdf/g2026018.pdf?token=QFtOdvvy35OZMGohaz&fe=true) ↩
-
Ibid. p. 4. ↩
-
Comité des droits de l'homme des Nations Unies, Observation générale n° 34 : Article 19 : Libertés d'opinion et d'expression (12 septembre 2011), CCPR/C/GC/34, paragraphe 23, (accessible à l'adresse https://www2.ohchr.org/english/bodies/hrc/docs/gc34.pdf). ↩
-
Ibid. ↩
-
SEAE, Lignes directrices de l'UE sur la liberté d'expression en ligne et hors ligne (non datées), pp. 3-4, (accessible à l'adresse https://www.eeas.europa.eu/sites/default/files/09_hr_guidelines_expression_en.pdf). ↩
-
Ibid, p. 7. ↩
-
Ibid, p. 10. ↩
-
Parlement européen, Lutte contre la violence fondée sur le genre : cyberviolence (14 décembre 2021), (accessible à l’adresse https://www.europarl.europa.eu/legislative-train/theme-promoting-our-european-way-of-life/file-combating-gender-based-cyber-violence#:~:text=On 14 December 2021, the,harmonisation of existing and future). ↩
-
Maria Walsh, Harcèlement en ligne : Briser la cyberviolence (16 juin 2021), (accessible sur https://www.theparliamentmagazine.eu/news/article/breaking-cyber-violence). ↩
-
Comité des ministres du Conseil de l’Europe, Recommandation/Rec(2019)1 sur la prévention et la lutte contre le sexisme (27 mars 2019), II.B.3, (accessible à l’adresse https://rm.coe.int/168093b26a). ↩
-
Comité des ministres du Conseil de l'Europe, Recommandation/Rec(2016)4 sur la protection du journalisme et la sécurité des journalistes et autres acteurs des médias (13 avril 2016), 18, (accessible à l'adresse https://search.coe.int/cm/Pages/result_details.aspx?ObjectId=09000016806415d9#_ftn1). ↩
-
PACE, Gouvernance d'Internet et droits de l'homme, Résolution 2256(2019)(23 janvier 2019), 5., (accessible à l'adresse https://pace.coe.int/pdf/a6f928dd1252a4240251dcc596b0c55771655ee748ea828ed5d33c237954125b/res. 2256.pdf). ↩
-
CEDH [GC], Delfi AS c. Estonie, requête n° 64569/09, §110, 16 juin 2015. ↩
-
CEDH, Shtekel c. Ukraine, 33014/05, §63, 5 mai 2011. ↩
-
CouEDH, Buturugă c. Roumanie, requête n° 56867/15, §74, 11 février 2020. ↩
-
Ibid. paragraphe 74 ; CouEDH, Volodina c. Russie (n° 2), requête n° 40419/19, §49, 14 septembre 2021. ↩
-
CEDH, Volodina c. Russie (n° 2), requête n° 40419/19, §§ 58-59, 69, 14 septembre 2021 ↩
-
CEDH, Beizaras et Levikkas c. Lituanie, requête n° 41288/15, § 129, 14 janvier 2020. ↩
-
Article19, Droit à l'anonymat en ligne (juin 2015), p. 1, (accessible à l'adresse https://www.article19.org/data/files/medialibrary/38006/Anonymity_and_encryption_report_A5_final-web.pdf). ↩
-
Electronic Frontier Foundation, Anonymat et cryptage (2015) à la page 3 (accessible à l'adresse https://www.ohchr.org/Documents/Issues/Opinion/Communications/EFF.pdf). ↩
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Ibid. ↩
-
Voir Conseil des droits de l’homme, Rapport du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye (22 mai 2015), A/HRC/29/32, paragraphe 60 (accessible à l’adresse https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G15/095/85/PDF/G1509585.pdf?OpenElement/) ; Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, Déclaration sur la liberté de communication sur Internet (28 mai 2003) (accessible à l’adresse https://search.coe.int/cm/Pages/result_details.aspx?ObjectId=09000016805dfbd5). ↩
-
Cour EDH, Standard Verlagsgesellschaft MBH c. Autriche (n° 3), requête n° 39378/15, §76, 7 décembre 2021 ; voir également Cour EDH [GC], Delfi AS c. Estonie, requête n° 64569/09, §147, 16 juin 2015. ↩
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Rapport du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, « Rapport sur l’anonymat, le chiffrement et le cadre des droits de l’homme », A/HRC/29/32 (2015), paragraphe 7 (disponible à l’adresse http://www.ohchr.org/EN/Issues/FreedomOpinion/Pages/CallForSubmission.aspx). Pour plus d’informations et de ressources, voir UCI Law International Justice Clinic, « Références sélectionnées : Rapport complémentaire non officiel au Rapport du Rapporteur spécial (A/HRC/29/32) sur le chiffrement, l’anonymat et la liberté d’expression » (disponible à l’adresse http://www.ohchr.org/Documents/Issues/Opinion/Communications/States/Selected_References_SR_Report.pdf). ↩
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Ibid. ↩
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Ibid. ↩
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Rapport du Représentant spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, « Rapport sur l’anonymat, le chiffrement et le cadre des droits de l’homme », A/HRC/29/32 (2015), paragraphe 12 (accessible à l’adresse http://www.ohchr.org/EN/Issues/FreedomOpinion/Pages/CallForSubmission.aspx). ↩
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Article19, Droit à l'anonymat en ligne (juin 2015), p. 1, (accessible à l'adresse https://www.article19.org/data/files/medialibrary/38006/Anonymity_and_encryption_report_A5_final-web.pdf). ↩
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Conseil des droits de l’homme, « Le droit à la vie privée à l’ère numérique : Rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme » (2022) A/HRC/51/17 (accessible à l’adresse https://daccess-ods.un.org/access.nsf/Get?OpenAgent&DS=A/HRC/51/17&Lang=E), paragraphes 20 et 22 ; Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, « L’affaire Apple-FBI pourrait avoir de graves répercussions mondiales sur les droits de l’homme » (3 mars 2016) (accessible à l’adresse https://www.ohchr.org/en/press-releases/2016/03/apple-fbi-case-could-have-serious-global-ramifications-human-rights-zeid) ; voir aussi : Assemblée générale des Nations Unies, Résolution 75/176 : Le droit à la vie privée à l’ère numérique (16 décembre 2020), A/RES/75/176. Conseil des droits de l'homme, résolution 39/6 : La sécurité des journalistes (27 septembre 2018), A/HRC/RES/39/6 ; Conseil des droits de l'homme, résolution 45/18 : La sécurité des journalistes (12 octobre 2020), A/HRC/RES/45/18 ; Conseil des droits de l'homme, résolution 48/4 : Le droit à la vie privée à l'ère numérique (13 octobre 2021), A/HRC/RES/48/4 ↩
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Conseil des droits de l'homme, « Le droit à la vie privée à l'ère numérique : Rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme » (2022) A/HRC/51/17 (accessible à l'adresse https://daccess-ods.un.org/access.nsf/Get?OpenAgent&DS=A/HRC/51/17&Lang=E) au paragraphe 21. ↩
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Ibid. ↩
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Rapport du Représentant spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, « Rapport sur l’anonymat, le chiffrement et le cadre des droits de l’homme », A/HRC/29/32 (2015), paragraphe 36 (accessible à l’adresse http://www.ohchr.org/EN/Issues/FreedomOpinion/Pages/CallForSubmission.aspx). ↩
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Ibid., paragraphe 40. ↩
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Ibid., paragraphe 41. ↩
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Rapport du Représentant spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, « Rapport sur l’anonymat, le chiffrement et le cadre des droits de l’homme », A/HRC/29/32 (2015), paragraphes 59-60 (accessible à l’adresse http://www.ohchr.org/EN/Issues/FreedomOpinion/Pages/CallForSubmission.aspx). ↩
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Conseil des droits de l'homme, « Le droit à la vie privée à l'ère numérique : Rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme » (2022) A/HRC/51/17 (accessible à l'adresse https://daccess-ods.un.org/access.nsf/Get?OpenAgent&DS=A/HRC/51/17&Lang=E) aux pp.16-17. ↩
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Conseil de l’Union européenne, « Résolution du Conseil sur le chiffrement : la sécurité par le chiffrement et la sécurité malgré le chiffrement » (2020) 13084/1/20 REV 1 (accessible à l’adresse https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-13084-2020-REV-1/en/pdf) à la p. 2. ↩
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Article 40 du Code européen des communications électroniques. ↩
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Europol, « Discours du directeur à la conférence : La vie privée à l'ère numérique du chiffrement et de l'anonymat en ligne » (19 mai 2016) (accessible sur https://www.europol.europa.eu/media-press/newsroom/news/director's-speech-conference-privacy-in-digital-age-of-encryption-and-anonymity-online). ↩
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Cité dans Maria Koomen, « Le débat sur le chiffrement dans l’Union européenne : mise à jour 2021 » (2021), pp. 1-2 (accessible à l’adresse https://carnegieendowment.org/files/202104-EU_Country_Brief.pdf). ↩
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Voir Solutions techniques pour détecter les abus sexuels sur enfants dans les communications chiffrées de bout en bout (accessible à l'adresse https://www.politico.eu/wp-content/uploads/2020/09/SKM_C45820090717470-1_new.pdf). ↩
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Global Encryption, Démystifier le chiffrement : les erreurs du rapport divulgué de la Commission européenne concernant la sécurité en ligne (novembre 2020), (accessible à l'adresse https://www.globalencryption.org/wp-content/uploads/2020/11/2020-Breaking-Encryption-Myths.pdf). ↩
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EDPB-EDP, Avis commun 4/2022 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des règles pour prévenir et combattre les abus sexuels sur enfants (28 juillet 2022), p. 6, (accessible à l'adresse https://www.edps.europa.eu/system/files/2022-07/22-07-28_edpb-edps-joint-opinion-csam_en.pdf). ↩
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Ibid. p. 6. ↩
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EDPB-EDP, Avis commun 4/2022 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des règles pour prévenir et combattre les abus sexuels sur enfants (28 juillet 2022), p. 36, (accessible à l'adresse https://www.edps.europa.eu/system/files/2022-07/22-07-28_edpb-edps-joint-opinion-csam_en.pdf). ↩
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Parlement européen, Abus sexuels sur enfants en ligne : mesures efficaces, pas de surveillance de masse (14 novembre 2023), (accessible sur https://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20231110IPR10118/child-sexual-abuse-online-effective-measures-no-mass-surveillance) ; voir aussi Andy Yen, Le Parlement européen a pris la bonne décision concernant le contrôle des conversations aujourd’hui (14 novembre 2023), (accessible sur https://proton.me/blog/eu-parliament-chat-control). ↩
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Parlement européen, Abus sexuels sur enfants en ligne : mesures efficaces, pas de surveillance de masse (14 novembre 2023), (accessible sur https://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20231110IPR10118/child-sexual-abuse-online-effective-measures-no-mass-surveillance). ↩
-
Commission européenne, Groupe de haut niveau (HLG) sur l’accès aux données pour une application efficace de la loi (21 mars 2024), (accessible à l’adresse : https://home-affairs.ec.europa.eu/networks/high-level-group-hlg-access-data-effective-law-enforcement_en) ; Statewatch, « Passer à l’obscurité : la prochaine atteinte à la vie privée aura-t-elle lieu à huis clos ? » (19 avril 2023), (accessible à l’adresse : https://www.statewatch.org/news/2023/april/going-dark-will-the-next-assault-on-privacy-take-place-behind-closed-doors/) ; Article 19, UE : Lettre ouverte sur les menaces de sécurité pesant sur le chiffrement (11 janvier 2024), (accessible à l’adresse : https://www.article19.org/resources/eu-open-letter-on-security-cloaked-threats-to-encryption/). ↩
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Conseil de l’Union européenne, Document de cadrage du Groupe d’experts de haut niveau sur l’accès aux données pour une application efficace de la loi (13 avril 2023), p. 5, (accessible à l’adresse https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-8281-2023-INIT/en/pdf). ↩
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Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Le chiffrement à l'ère de la surveillance (26 septembre 2023), (accessible à l'adresse https://www.coe.int/sr-RS/web/commissioner/view/-/asset_publisher/ugj3i6qSEkhZ/content/id/254726841?_com_liferay_asset_publisher_web_portlet_AssetPublisherPortlet_INSTANCE_ugj3i6qSEkhZ_languageId=en_GB#p_com_liferay_asset_publisher_web_portlet_AssetPublisherPortlet_INSTANCE_ugj3i6qSEkhZ). ↩
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CouEDH, Podchasov c. Russie, no. 33696/19, §76, 13 février 2024. ↩
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Ibid. §77. ↩
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Ibid. §78. ↩