
- La « sécurité nationale » est une justification fréquemment invoquée par les États pour limiter la liberté d'expression des journalistes, des blogueurs et des médias. Cependant, elle peut être utilisée pour étouffer la dissidence et dissimuler les abus de l'État.
- La législation en matière de sécurité nationale peut avoir des répercussions importantes sur la liberté des médias et peut être détournée de son but premier, permettant ainsi de contourner les mécanismes de contrôle et d'équilibre constitutionnels.
- Les principes de Johannesburg et de Tshwane, ainsi que les principes de Syracuse, fournissent des orientations sur l'étendue de la limitation de la sécurité nationale en matière de liberté des médias et d'accès à l'information, bien qu'ils ne constituent qu'un droit international non contraignant.
- Les récents actes de terrorisme ont incité les décideurs internationaux à chercher à mieux définir les activités terroristes afin de garantir que les limitations des droits fondamentaux fondées sur la lutte contre le terrorisme soient correctement prescrites par la loi.
- Il existe une forte présomption selon laquelle les restrictions préalables à la liberté d'expression, même lorsqu'elles sont imposées pour protéger la sécurité nationale, constituent une violation des garanties de ce droit, par exemple comme l'a établi la jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire des Pentagon Papers.
Introduction
La « sécurité nationale » est une justification fréquemment invoquée par les États pour limiter la liberté d'expression des journalistes, des blogueurs et des médias. Elle constitue un fondement légitime pour restreindre la liberté d'expression au regard du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).
Exceptionnellement, le droit à la liberté d'expression peut être partiellement suspendu – une procédure appelée dérogation – en cas d'état d'urgence dû à une menace grave et imminente pour la sécurité. Cependant, la sécurité nationale est souvent invoquée à des fins illégitimes, notamment pour réprimer la dissidence ou dissimuler des abus de l'État.
Ce module examine comment la sécurité nationale est traitée au regard du droit international et régional des droits de l'homme comme motif de limitation de la liberté d'expression.
Dans ce module
- Introduction
- La procédure de dérogation en vertu des traités internationaux et régionaux relatifs aux droits de l'homme
- Limiter la liberté des médias au nom de la sécurité nationale
- L'étendue de la sécurité nationale
- Terrorisme
- Prescrit par la loi
- Nécessaire dans une société démocratique
- Retenue préalable dans les affaires de sécurité nationale
- Conclusion
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