28 septembre
1h30 Royaume-Uni / 1h30 Nigéria / 7h30 Colombie / 8h30 New York / 6h00 Inde
En collaboration avec Access Now
Partout dans le monde, les gouvernements recourent aux coupures d'Internet pour faire taire la dissidence et contrôler la circulation de l'information. Les méthodes varient : certains imposent des coupures totales à l'échelle nationale, d'autres ciblent des régions ou des plateformes spécifiques. Souvent, aucune base légale n'est invoquée, aucun avis public n'est donné, aucun avertissement n'est émis. Les justifications avancées, telles que la sécurité nationale, l'ordre public et la lutte contre la désinformation, contrastent fortement avec les coupures d'Internet constatées lors d'élections, de manifestations et de périodes de tensions politiques.
Les conséquences sont immédiates et en cascade. Les journalistes ne peuvent plus communiquer avec leurs sources, vérifier les informations et publier leurs reportages. Les hôpitaux n'ont plus accès aux dossiers des patients ni aux consultations de spécialistes à distance. Les écoles et les banques sont hors service. Les chaînes d'approvisionnement sont rompues. Dans ce contexte de déconnexion, des abus peuvent se produire sans être documentés, sans vérification indépendante ni obligation de rendre des comptes. Disparitions, violences et atrocités restent impunies.
Au cours de la dernière décennie, des tribunaux d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Amérique latine ont statué que les coupures d'internet violaient les droits fondamentaux. Le Zimbabwe, l'Inde, la CEDEAO, le Soudan, la Colombie et la Cour européenne des droits de l'homme ont tous rendu des arrêts condamnant les coupures ou le blocage de sites web. Pourtant, la mise en œuvre de ces décisions historiques demeure sporadique, voire inexistante.
Le fossé entre les normes juridiques établies et la pratique se creuse. De nombreux gouvernements continuent de restreindre l'accès à Internet pendant les périodes ou dans les zones sensibles, en employant des méthodes de plus en plus sophistiquées. L'application de ces mesures reste inégale selon les juridictions.
Pourquoi participer : Organisé en collaboration avec Access Now, ce webinaire réunit des experts juridiques de différentes régions afin d'examiner les écarts de mise en œuvre. Les participants entendront directement des avocats plaidant dans ces affaires, comprendront quels obstacles persistent le plus et exploreront les initiatives mises en place pour réduire l'écart entre les décisions de justice et leur application sur le terrain.
Il sera utile à tous ceux qui intentent des procès concernant des fermetures d'infrastructures, qui en font la couverture médiatique ou qui travaillent sur les droits numériques et l'accès à l'information.
Modérateur:
Yuri Marchenko, conseiller juridique principal chez Media Defence.
Rencontrez les panélistes
Mojirayo Ogunlana Avocate nigériane spécialisée dans les droits humains et les droits numériques, basée à Abuja, elle lutte contre les coupures d'internet et la censure en ligne en Afrique de l'Ouest. Elle a représenté des demandeurs dans des affaires régionales marquantes et est fortement impliquée dans les questions d'application de la loi au sein de la CEDEAO.
Prasanth Sugathan Il est directeur juridique du Software Freedom Law Center, India (SFLC.IN), une organisation de services juridiques basée à New Delhi. Il possède plus de vingt ans d'expérience dans le domaine juridique et ses domaines d'expertise comprennent le droit des technologies, le droit de la propriété intellectuelle, le droit administratif et le droit constitutionnel, ainsi que les stratégies contentieuses nationales et l'évolution de la jurisprudence relative aux droits numériques en Asie.
Emmanuel Vargas Penagos Il est cofondateur et codirecteur d'El Veinte en Colombie. Il a plaidé dans l'affaire de la coupure d'Internet à Cali, où la Cour constitutionnelle a jugé que le défaut d'enquête et d'information du gouvernement constituait en soi une violation de la liberté d'expression et lui a ordonné de rendre compte des événements. Il s'agissait du premier jugement de coupure d'Internet rendu par un tribunal en Amérique latine.
Peter Micek Il est conseiller juridique et responsable des politiques des Nations Unies chez Access Now, basé à New York. Il dirige le département juridique de l'organisation, gère les programmes et les opérations à l'échelle mondiale et apporte une perspective internationale en matière de plaidoyer sur les mécanismes d'application de la loi et la responsabilité des États.