Intervention d'un tiers dans une affaire relative au « droit des agents étrangers » devant la CEDH

Media Defence a introduit une intervention tierce devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) dans l'affaire de Centre Levada et autres c. RussieL'affaire porte sur la contestation de l'obligation pour les organisations non gouvernementales (ONG) russes qui reçoivent des financements étrangers et se livrent à des « activités politiques » de s'enregistrer comme « agents étrangers » en vertu de la loi sur les agents étrangers.

Les requérants sont des ONG contraintes de s'enregistrer comme « agents de l'étranger » en vertu de cette loi. Ils dénoncent des discriminations et des violations de leurs droits à la liberté d'expression et de réunion. Ils affirment également que les restrictions imposées par l'État sont injustifiées.

Cette affaire s'inscrit dans un contexte d'hostilité croissante des gouvernements envers les ONG, les blogueurs, les journalistes et autres défenseurs des droits humains, ces derniers ayant adopté des lois encadrant leurs activités. On observe une tendance émergente : les États adoptent des lois restreignant les activités des individus et des organisations qui tentent de dénoncer la corruption d'État et les violations des droits humains, notamment en limitant le financement de leurs activités. Nombre de ces lois contiennent des dispositions imposant des contraintes aux ONG et autres défenseurs des droits humains souhaitant accéder à des financements étrangers, les obligeant à se déclarer publiquement comme « agents de l'étranger » et prévoyant des sanctions pénales en cas de non-respect. Parallèlement, certains États ont également adopté des lois visant directement les journalistes afin de les empêcher d'exercer efficacement leur métier.

L'intervention de Media Defence porte principalement sur l'impact de ces lois de type « agent étranger » sur le droit à la liberté d'expression. Elle souligne le rôle essentiel que jouent les ONG et autres défenseurs des droits humains dans la société, et met en lumière la prolifération de ces lois dans d'autres juridictions et leurs conséquences sur le travail des défenseurs des droits humains sur place. Elle aborde également l'effet dissuasif que de telles lois engendrent inévitablement et plaide pour que toute législation restreignant les activités des ONG soit soumise à un contrôle strict. Enfin, elle expose les facteurs à prendre en compte pour déterminer si ces lois de type « agent étranger » sont utilisées à des fins illégitimes afin de restreindre les droits garantis par la Convention.

Le directeur juridique de Media Defence, Padraig Hughes, a déclaré : « Les ONG et autres défenseurs des droits humains jouent un rôle essentiel dans la dénonciation de la corruption et des malversations d’État et nécessitent une protection. La Cour devrait examiner attentivement ces lois et tenir compte à la fois de la situation des droits humains dans le pays en général et de l’attitude des autorités envers les personnes et les organisations qui dénoncent les comportements corrompus. »

L'intervention se trouve ici.. (PDF)

(Note : La CEDH a autorisé Media Defence à intervenir à condition que ses observations ne portent pas sur les faits ou le fond de l'affaire et se limitent à aborder les principes généraux applicables à la résolution du litige.)

Fichiers joints :
PDF icon Levada c. Russie – intervention d’un tiers, CEDH

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