Le jeudi 21 juilletst Nous avons organisé un webinaire pour examiner l'impact des conflits sur la liberté d'expression. Nous avons entendu des témoignages de personnes directement concernées sur les violences subies par les journalistes et sur les conséquences à long terme de la guerre sur la liberté de la presse.
Le contexte
Le journalisme de guerre indépendant est essentiel pour garantir que le public soit informé des violations des droits de l'homme, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et du génocide.
En Ukraine, au moins huit journalistes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions par les forces russes, le CPJ en recensant jusqu'à Décès 15D'innombrables autres ont a été blessé, a essuyé des tirs, a été enlevé et menacéEn mars dernier, la Russie a lancé des frappes de missiles contre la tour de radio et de télévision de Kiev, mettant hors service 32 chaînes de télévision et des dizaines de stations de radio nationales, et tuant le caméraman ukrainien Yevhenii Sakun. Malgré cela, des journalistes et des professionnels des médias courageux continuent de dénoncer les atrocités commises.
Ces attaques contre des journalistes sont les exemples les plus flagrants des atteintes portées au droit à la liberté d'expression. La décision du gouvernement ukrainien de fusionner les principales chaînes de télévision afin de garantir une couverture médiatique cohérente illustre également comment les normes relatives à la liberté de la presse peuvent être affectées par les situations de conflit armé.
Le Webinaire
En période de conflit armé, le public compte énormément sur des reportages précis et documentés. Le journalisme indépendant peut contrer la propagande et nous donner accès à des voix que la guerre réduirait au silence. Les situations de guerre ou de conflit soulignent l'importance des médias, car les zones de conflit manquent souvent d'un contrôle extérieur et indépendant sur la conduite des belligérants. Le rôle crucial des journalistes dans la protection des civils est particulièrement remarquable lorsqu'ils constituent un système d'alerte précoce permettant d'identifier et de signaler les actes illégaux commis dans les situations de conflit.
Media Defence poursuit ses actions en justice contre les violences perpétrées contre les journalistes en période de conflit, devant les juridictions nationales et régionales. Notre objectif est de lutter contre l'impunité dont jouissent les acteurs étatiques et non étatiques qui commettent ces attaques.
Notre équipe juridique nous a informés des affaires que nous portons devant les tribunaux régionaux, notamment une requête auprès de la Cour européenne des droits de l'homme au nom d'un journaliste ukrainien qui a été enlevé, détenu et torturé par des officiers militaires russes.
Nos intervenants ont également discuté des nouvelles mesures législatives introduites en Ukraine et de leur effet sur la liberté d'expression, ainsi que des défis et des risques spécifiques auxquels sont confrontés les journalistes sur le terrain.
Panélistes
Maksym Dvorovyi – Expert en droits numériques, droit et politique des médias basé à Kyiv, actuellement conseiller juridique auprès du Laboratoire de sécurité numérique Ukraine et de la Commission sur l'éthique journalistique.
Danylo Mokryk – Journaliste d'investigation anticorruption ukrainien travaillant pour Bihus.Info et chargé de communication politique, il s'est consacré, depuis l'invasion russe de 2022, à documenter et à expliquer les crimes de guerre et les actes de génocide commis par la Russie en Ukraine.
Olga Grygorovska – Juriste chez Media Defence, spécialisée dans les affaires européennes, qui a auparavant travaillé comme juriste chargée du traitement des dossiers à la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.
Pádraig Hughes (modérateur) – Directeur juridique de Media Defence