La Cour de Strasbourg juge illégale la loi russe sur les « agents étrangers ».

La Cour européenne des droits de l'homme a rendu son arrêt très attendu dans l'affaire de Ecodefence et autres contre la RussieLa Cour a examiné plus de 60 recours distincts déposés par des ONG contre la législation russe sur les agents étrangers. L'un de ces recours a été déposé par notre organisation partenaire. Centre de défense des médias de masse.

Media Defence a soumis un intervention d'un tiers dans le cas de Centre Levada et autres c. Russie. Cette intervention a été examinée par la Cour dans le cadre de Ecodéfense jugement.

L'affaire Levada

Le pris L'affaire portait sur la contestation d'une exigence imposée par l'État aux ONG russes bénéficiant de financements étrangers et menant des « activités politiques ». Cette exigence stipulait que ces ONG devaient s'enregistrer comme « agents de l'étranger » en vertu de la législation relative aux agents de l'étranger.

Les candidats dans le pris Dans certaines affaires, des ONG ont été contraintes de s'enregistrer comme « agents de l'étranger ». Ces ONG ont dénoncé une discrimination dont elles ont été victimes. Elles ont également affirmé que leurs droits à la liberté d'expression et de réunion avaient été bafoués et que les restrictions imposées par l'État étaient injustifiées.

L'intervention de Media Defence

Dans ses observations écrites, Media Defence a souligné l'impact des lois sur les agents étrangers sur le droit à la liberté d'expression. L'intervention a également mis en lumière le rôle essentiel que jouent les ONG et autres défenseurs des droits humains dans les sociétés démocratiques. Elle a par ailleurs souligné la multiplication des lois sur les agents étrangers dans d'autres juridictions et leurs conséquences sur le travail des défenseurs des droits humains sur place.

L'intervention abordait également l'effet dissuasif que de telles lois engendrent invariablement. De plus, elle soutenait que toute législation restreignant les activités des ONG devrait être soumise à un contrôle strict. Enfin, l'intervention énonçait les facteurs à prendre en compte pour déterminer si les lois de type « agent étranger » sont utilisées à des fins illégitimes afin de restreindre les droits garantis par la Convention.

L'arrêt de la CEDH

Dans son arrêt, la Cour a estimé que l'application de la législation sur les agents étrangers aux ONG n'était ni prévue par la loi ni nécessaire dans une société démocratique. Elle a également jugé que les notions d'« activité politique » et de « financement étranger » définies par la législation étaient insuffisamment prévisibles et ne comportaient pas de garanties suffisantes contre les abus.

En outre, la Cour a jugé qu'aucun motif pertinent et suffisant n'avait été fourni pour la création du statut particulier d'« agents étrangers ». Elle a estimé que ce statut imposait des exigences et des restrictions excessives aux ONG. La Cour a également constaté que le régime juridique en vigueur avait un effet dissuasif important sur les ONG lorsqu'elles envisageaient de solliciter ou d'accepter des financements étrangers. Cette situation était particulièrement problématique pour les ONG travaillant sur des sujets sensibles ou impopulaires en Russie.

La Cour a refusé de se prononcer sur le caractère discriminatoire ou illégitime des lois relatives aux agents étrangers. Néanmoins, cet arrêt est important car il apporte des éclaircissements sur les garanties nécessaires pour que ce type de législation soit considéré comme licite.

Commentaire de Media Defence

Padraig Hughes, directeur juridique de Media Defence, a déclaré : « Avec le retrait de la Russie du Conseil de l’Europe, l’impact immédiat de cet arrêt sera probablement limité. Cependant, les lois de type agent étranger sont désormais largement répandues, et les critères juridiques énoncés par la Cour dans cet arrêt seront utiles pour les contestations judiciaires de ces lois dans d’autres juridictions, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire du Conseil de l’Europe. »

Lire l'arrêt complet de la CEDH ici.

L'intervention de Media Defence est disponible en lecture. ici.

Pour toute information complémentaire concernant cette affaire, veuillez contacter Pádraig Hughes à padraig.hughes@mediadefence.org

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