Le Vietnam libère un avocat dissident

Le blogueur et avocat des droits de l'homme Le Quoc Quan a été libéré samedi après avoir purgé une peine de 30 mois dans une prison vietnamienne suite à une condamnation pour fraude fiscale sur la base d'accusations fabriquées de toutes pièces.

M. Quan a été poursuivi en justice pour avoir dénoncé, sur son blog, les violations des droits humains perpétrées par le gouvernement vietnamien. Dans le cadre d'une répression politique visant les blogueurs et les militants pro-démocratie, il a été radié du barreau, arrêté et détenu arbitrairement, et a été victime d'une agression commise par un inconnu, agression qui n'a jamais fait l'objet d'une enquête policière.

Bien que M. Quan ait purgé l'intégralité de sa peine, sa libération au terme des 30 mois n'a jamais été assurée. Nguyen Van Hai, également connu sous son pseudonyme de Dieu Cay, a été placé en détention provisoire le jour même de sa libération prévue, après avoir purgé une peine de 30 mois de prison pour fraude fiscale présumée. Il a ensuite été emprisonné pendant quatre années supplémentaires avant d'être libéré et contraint à l'exil.

Durant sa détention, M. Quan a d'abord été maintenu au secret, puis privé d'accès à un avocat, à des ouvrages juridiques et religieux, ainsi qu'à un prêtre pour un soutien spirituel. Il a entamé quatre grèves de la faim pour protester contre son traitement.

La détention de M. Quan a suscité une vague d'indignation internationale. L'Initiative de défense juridique des médias, au nom d'une coalition d'organisations de défense des droits humains, a saisi le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire afin qu'il intervienne dans le cas de M. Quan. Cette coalition comprenait ARTICLE 19, Reporters sans frontières, Freedom House, Avocats sans frontières, Lawyers for Lawyers, Lawyers Rights Watch Canada, English PEN, PEN American Center, le National Endowment for Democracy, PEN International, Media Defence Southeast Asia, Front Line Defenders et le Mouvement mondial pour la démocratie.

En réponse, le Groupe de travail a conclu en 2013 que la détention de M. Quan était arbitraire en raison de plusieurs violations graves de son droit à un procès équitable. Il a demandé sa libération immédiate ou que les charges retenues contre lui soient examinées par un tribunal indépendant et impartial, et a recommandé que le Vietnam indemnise M. Quan pour sa détention. Le Groupe de travail a également déterminé que M. Quan avait pu être ciblé en raison de son activité de militant et de son blog, et que sa détention avait pu porter atteinte à son droit à la liberté d'expression.

Le gouvernement vietnamien n'a donné aucune suite aux recommandations du Groupe de travail. En conséquence, MLDI a déposé une seconde requête auprès du Groupe de travail, l'exhortant à prendre des mesures supplémentaires. MLDI a également demandé à l'UNESCO d'intervenir dans le cas de M. Quan ; ces deux demandes étaient encore en cours d'examen au moment de la libération de M. Quan.

La directrice juridique de MLDI, Nani Jansen, a salué cette nouvelle : « L’emprisonnement de M. Quan illustre la répression sévère de la dissidence au Vietnam. Nous nous réjouissons de sa libération et appelons le gouvernement vietnamien à respecter le droit à la liberté d’expression et le droit à un procès équitable pour tous les citoyens. »

Dans une interview réalisée après sa libération, M. Quan a déclaré qu'il était déterminé à poursuivre son travail sur les questions relatives aux droits de l'homme.

Récemment : Défense d'urgence

Le journaliste rwandais Aimable Karasira Uzaramba décède le jour de sa sortie de prison prévue

Media Defence est profondément préoccupée par le décès du youtubeur rwandais et ancien professeur d'université Aimable Karasira Uzaramba, survenu dans des circonstances suspectes le 7 mai 2026, jour prévu de sa libération après avoir purgé une peine de cinq ans. Le Service correctionnel rwandais (RCS) a déclaré que Karasira est décédé à

Enquête sur l'impact des journalistes en 2025

EN FR ES Enquête sur l'impact des journalistes 2025 Nous sommes heureux de publier les conclusions et observations de notre Enquête sur l'impact des journalistes 2025. Ce rapport est l'occasion d'évaluer l'efficacité

Le journaliste guatémaltèque José Rubén Zamora a été assigné à résidence après plus de trois ans de détention arbitraire. 

Le journaliste d'investigation guatémaltèque José Rubén Zamora Marroquín, fondateur du journal indépendant aujourd'hui disparu El Periódico, a été assigné à résidence le 12 février 2026 après avoir passé 1295 jours en détention provisoire.

Une presse libre est essentielle à la protection des droits de l'homme.