Le coût de la diffamation

La Grande-Bretagne est tristement célèbre pour le coût exorbitant des procès en diffamation, ce qui explique l'attrait croissant du « tourisme de la diffamation » – le recours aux tribunaux britanniques par des plaignants étrangers. En 2006, le groupe de presse britannique Mirror Group Newspapers, suite à une plainte pour atteinte à la vie privée, a saisi la Cour européenne des droits de l'homme afin de contester le coût élevé de la défense dans ce type de litiges au Royaume-Uni. Il s'agissait de la première affaire de ce type portée devant une juridiction des droits de l'homme, et le MLDI a constitué une coalition d'ONG (dont Human Rights Watch, Global Witness et Justice Initiative) pour lui apporter son soutien. Cette intervention souligne que le coût d'une défense, qui peut facilement dépasser 100 000 £, affecte non seulement les grands groupes de médias, mais a également de graves conséquences sur la capacité des ONG et des petits médias à couvrir des sujets d'intérêt public. Parmi les assignations reçues par des ONG basées à Londres figurent celles d'un auteur de génocide au Rwanda et du fils du président congolais.

En janvier 2011, la Cour européenne des droits de l'homme a rendu son arrêt dans cette affaire, faisant droit à notre argumentation et concluant que le coût élevé de la défense dans les affaires de diffamation et d'atteinte à la vie privée au Royaume-Uni constituait une violation du droit à la liberté d'expression. ici pour le jugement.

L'intervention de MLDI peut être téléchargée ici.

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