
Le 20 octobre 2014, la Haute Cour d'Ouganda a ordonné que le procès de Ronald Poteri, un détective de police accusé d'avoir divulgué des enregistrements audio secrets entre l'inspecteur général de la police ougandaise et des jeunes du parti au pouvoir, le Mouvement de résistance nationale, soit ouvert aux journalistes et au public.
La Haute Cour a cassé une décision antérieure de la juge d'instruction et a estimé que cette dernière avait agi de manière déraisonnable et injuste en interdisant l'accès à la presse et au public. La Cour a notamment critiqué l'absence d'évaluation éclairée et équilibrée de l'opportunité de poursuivre le procès à huis clos, ainsi que le manque de considération pour les risques liés à la tenue d'audiences huis clos. L'affaire a été renvoyée devant les juridictions inférieures, avec instruction de veiller à ce que la liberté d'expression soit dûment prise en compte dans toutes les décisions à venir.
Ce jugement établit une norme élevée pour la transparence de la justice dans les tribunaux ougandais et constitue une avancée positive contre les interdictions arbitraires et générales d'accès des médias aux procès pénaux. Il est primordial que les journalistes soient autorisés à assister aux audiences, car ils sont les yeux et les oreilles du public qui ne peut y assister.
Catherine Anite, qui représentait l'Association des sténographes judiciaires de l'Ouganda, a salué cette décision comme un jugement historique :
« La Haute Cour a réaffirmé l’importance des médias en tant que contre-pouvoir face à la justice et a reconnu leur rôle essentiel pour garantir le respect du principe de publicité des débats. Le pouvoir judiciaire est tenu de veiller à ce que les journalistes couvrent les affaires judiciaires afin d’améliorer la connaissance du public et de renforcer sa confiance dans les procédures judiciaires. »