Présentation des membres du conseil d'administration : Elizabeth Rivera Rivas, experte en communication et ambassadrice des droits de l'homme

Nous avons rencontré Elizabeth Rivera Rivas, experte en communication, ambassadrice engagée des droits humains et membre du conseil d'administration de Media Defence. Elizabeth nous a fait part de son parcours atypique, des défis rencontrés dans la communication sur les droits humains et du rôle crucial d'une vision positive pour susciter l'espoir face aux menaces constantes qui pèsent sur la liberté de la presse dans le monde.

Bienvenue dans la série « À la rencontre des administrateurs ». Souhaiteriez-vous vous présenter ?

Bien sûr ! Je suis Elizabeth Rivera Rivas. Je suis née et j'ai grandi à Mexico, et j'ai vécu dans quatre pays jusqu'à présent ; je me considère comme une adulte de la troisième culture. Mon parcours dans le domaine des droits humains s'étend sur plus d'une décennie. J'ai commencé comme bénévole dans une rédaction communautaire, Global Voices, pendant le Printemps arabe, devenant finalement rédactrice pour l'Amérique latine et l'Espagne. Par la suite, j'ai assumé la belle responsabilité de constituer l'équipe de communication pour IFEXJ'y ai travaillé pendant six ans, gravissant les échelons de directrice de la communication à directrice de la communication et du plaidoyer. J'ai récemment accepté le poste passionnant de directrice du marketing et de la communication chez Mission Télécom à New York.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le rôle d’administrateur ?

C’est pendant mon poste chez IFEX que j’ai postulé au poste d’administratrice de Media Defence. Media Defence et IFEX sont des partenaires de longue date, et lorsque j’ai vu que Media Defence recherchait un administrateur ayant une expérience en communication, je me suis dit : « C’est parfait ! » Je pensais que ce serait une excellente façon d’approfondir ma connaissance du travail important d’organisations comme Media Defence, d’en apprendre davantage sur la gouvernance et de rencontrer des administrateurs issus de différents secteurs du monde des ONG. Il est toujours bon de rester ouvert d’esprit et de se tenir au courant de ce qui se passe ailleurs dans le domaine de la liberté d’expression. Devenir administratrice de Media Defence correspond également à mon objectif de mettre mon expertise au service des ONG œuvrant pour la liberté d’expression.

Qu’est-ce qui motive votre passion pour la liberté d’expression ?

Je crois que la liberté d'expression est ce qui nous distingue en tant qu'êtres humains : la capacité de penser, de nous exprimer et de créer ensemble. Défendre la liberté d'expression est donc, à bien des égards, le fondement de la défense de tous les autres droits humains. C'est pourquoi cette cause me tient tant à cœur. De plus, ayant travaillé dans une rédaction et comptant de nombreux amis journalistes, j'ai été témoin des dangers auxquels les reporters sont confrontés simplement parce qu'ils font leur travail. Cela m'a poussé à militer pour la défense de la liberté de la presse, la protection des journalistes et l'accès à une information fiable.

L'inégalité d'accès à l'information est malheureusement devenue beaucoup plus concrète pour de nombreuses personnes pendant la pandémie et les nombreux conflits actuels. Il est désormais évident que disposer d'une information publique et fiable est crucial. C'est pourquoi je considère la mission de Media Defence comme essentielle, et je suis ravi d'avoir rejoint votre équipe.

En repensant à votre expérience, quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés en matière de liberté d'expression ou de communication sur les droits de l'homme ?

Plusieurs défis se dégagent. L'un d'eux est structurel : malheureusement, dans de nombreuses ONG, la communication est encore considérée comme une question secondaire, alors qu'elle devrait être une composante essentielle de toute stratégie. Cela complique parfois la collaboration entre ONG, car il se peut qu'il n'existe pas de stratégies de communication établies, ou que, si elles existent, elles soient axées sur la promotion plutôt que sur la communication stratégique.

Un autre défi est la guerre de l'information. Nous avons toujours dû faire face à la propagande et à la désinformation, mais aujourd'hui, elles se présentent sous de nombreuses formes et se diffusent rapidement sur différentes plateformes. Nous devons continuer à lutter contre la désinformation, mais aussi contre la multiplication des moyens utilisés par les nouveaux médias, tout comme par les médias traditionnels, pour perpétuer ces récits dangereux. Il est néanmoins essentiel de garder espoir dans la communication sur les droits humains, surtout face au recul mondial de la liberté de la presse et aux graves difficultés rencontrées par les journalistes et les défenseurs des droits humains.

Comment pensez-vous que la communication puisse susciter l'espoir ou engendrer le changement dans des circonstances aussi difficiles ?

Je crois qu'il est essentiel d'aborder la communication dans le secteur des droits humains avec un état d'esprit positif et constructif. Plutôt que de se focaliser sur les problèmes ou de s'y attarder, je préconise de partager une vision commune et positive de l'avenir. À mon sens, mettre l'accent sur les réussites et travailler en collaboration est bien plus source d'inspiration et d'énergie que d'exprimer constamment sa colère ou de chercher des coupables.

Bien sûr, je reconnais l'importance d'aborder les problèmes avec réalisme. Cependant, je suis convaincu qu'une vision, un fil conducteur, est essentiel pour mobiliser efficacement les efforts. Il ne s'agit pas seulement de s'opposer, mais d'agir de manière constructive. Notre rôle n'est pas seulement de mettre en lumière les problèmes, mais aussi de montrer ce que nous pouvons accomplir ensemble.

Il est facile de sombrer dans le désespoir, surtout face à des situations désespérées. Dans notre travail, où l'espoir est primordial, il est essentiel de trouver un juste équilibre entre la reconnaissance des difficultés et la mise en valeur des progrès accomplis.

Nous tenons à remercier Elizabeth Rivera Rivas pour le temps qu'elle nous a consacré pour cette entrevue, ainsi que pour son soutien constant à notre travail en tant qu'administratrice.

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