La défense des médias intervient devant la Cour de Strasbourg dans l'affaire du « droit à l'oubli ».

Media Defence, ainsi qu'un certain nombre d'autres ONG, a déposé une intervention tierce devant la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire de Biancardi contre l'ItalieL'affaire concerne l'application de ladroit à l'oubli« à un article de journal relatant la commission d'un crime. »

Le requérant était propriétaire d'un petit site d'information qui avait publié en 2008 un article relatant une altercation entre deux frères septuagénaires dans un restaurant en bord de mer à Pescara, au cours de laquelle l'un des frères aurait poignardé l'autre avec un couteau à poisson. Plus de deux ans plus tard, l'un des frères a exigé la suppression de l'article, arguant qu'il portait atteinte à sa réputation. Le requérant a refusé, considérant que le public avait le droit de savoir. Les tribunaux italiens ont rejeté cet argument et ont ordonné le retrait de l'article.

L'intervention soutient que le « droit à l'oubli » est désormais appliqué d'une manière qui constitue une menace importante pour la liberté d'expression en général, et pour la liberté de la presse en particulier. Elle souligne comment ce droit a été étendu au-delà de son champ d'application initial et relève la menace qu'il représente pour les archives médiatiques en ligne. Elle énonce également un certain nombre de facteurs dont les tribunaux devraient tenir compte lorsqu'ils examinent les demandes de suppression d'informations en ligne. À cet égard, les intervenants ont particulièrement insisté sur la question du temps, notant que si les informations récentes sont plus susceptibles de présenter un intérêt public immédiat, certains autres types d'informations doivent toujours rester accessibles en raison de leur intérêt public supérieur, comme les informations relatives aux crimes graves.

« Le « droit à l’oubli » était censé concerner les informations trouvées en effectuant une recherche sur le nom d’une personne à l’aide d’un moteur de recherche. Or, son application actuelle constitue une réelle menace pour la liberté de la presse. Cette affaire offre à la Cour l’occasion de clarifier les modalités d’application de ce droit et de garantir la disponibilité en ligne des informations licites relatives à des sujets d’intérêt public. »

Pádraig Hughes, directeur juridique, Media Defence

Veuillez cliquez ici pour l'intervention.

Media Defence est intervenu dans cette affaire avec ARTICLE 19, le Comité pour la protection des journalistes, Index on Censorship, l'Institut international de la presse, le Centre de défense des médias de masse, PEN International et Reporters sans frontières.

(Remarque : La Cour a autorisé les intervenants à intervenir à condition que leurs observations ne portent pas sur les faits ou le fond de l'affaire et qu'elles traitent uniquement des principes généraux applicables à la résolution du litige.)

Pour plus d'informations sur cette affaire, veuillez contacter Pádraig Hughes à l'adresse suivante : Padraig.hughes@mediadefence.org

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