La Cour fédérale de Malaisie a confirmé hier une décision antérieure de la Cour d'appel levant l'interdiction de deux recueils de dessins humoristiques du dessinateur Zunar et ordonnant au ministère de l'Intérieur de restituer tous les exemplaires qui avaient été saisis.
Le ministre de l'Intérieur avait fait appel de la décision de la Cour d'appel, mais la Cour fédérale a jugé que les arguments du ministre étaient « dénués de fondement ».
Cela met fin à une longue bataille juridique. Les caricatures avaient initialement été interdites en 2010, et Zunar avait fait appel de cette interdiction devant la Haute Cour. Celle-ci avait confirmé l'interdiction, en vertu de la loi malaisienne de 1984 sur les imprimeries et les publications, ce qui avait entraîné un pourvoi devant la Cour d'appel. En octobre 2014, cette dernière a levé l'interdiction des deux ouvrages et ordonné la restitution à Zunar des exemplaires saisis par le ministère de l'Intérieur.
Le juge de la Cour d'appel, Datuk Mohd Ariff Mohd Yusof, qui a depuis pris sa retraite, avait statué qu'il n'existait tout simplement aucune preuve plausible que les livres constituaient une menace pour l'ordre public et que le dessinateur politique visait à ridiculiser des personnes et des institutions pour faire passer un message.
Zunar a salué le jugement et a déclaré que
« C’est une victoire pour tous les dessinateurs de presse, cela signifie pour le ministère de l’Intérieur et le gouvernement que dessiner des caricatures n’est pas un crime. »
Il a également demandé aux autorités de cesser immédiatement de le harceler :
« Cessez de faire pression sur moi et sur tous ceux qui participent à la production, à l’impression et à la vente de mon livre. Cessez de perquisitionner mon bureau, cessez de harceler mon webmaster qui vend des livres en ligne, et cessez de perquisitionner et de menacer les imprimeurs et les magasins impliqués dans la production et la vente. »