À l'Institut national d'études islamiques (IAIN) d'Ambon, en Indonésie, le magazine étudiant LPM Lintas Le magazine a été fermé en mars 2022 après la publication des résultats d'une enquête sur des allégations de harcèlement sexuel au sein de l'université. Cette enquête s'appuyait sur les témoignages de dizaines d'étudiants. Le recteur de l'université a ensuite ordonné la fermeture des bureaux du magazine et la confiscation de son matériel. L'association Media Defence soutient quatre des journalistes étudiants, qui ont par la suite saisi le tribunal administratif afin de contester la décision du recteur et d'obtenir la réintégration du magazine.
L'enquête du magazine sur les allégations de harcèlement sexuel
LPM Lintas L'enquête a débuté en 2017, avec des entretiens avec des victimes présumées de violences sexuelles et des responsables universitaires. Cinq ans plus tard, les conclusions de l'enquête ont été publiées dans la presse écrite et en ligne : 32 témoignages d'agressions et de harcèlement sexuels présumés, survenus entre 2015 et 2022. Le magazine affirmait avoir identifié 14 auteurs présumés, dont 8 enseignants et 3 employés de l'université. Les agressions auraient eu lieu sur le campus, lors de sorties de terrain et au domicile des enseignants.
La situation des journalistes en Indonésie
Bien que les médias indépendants se soient développés en Indonésie depuis la fin de la dictature et de la censure en 1998, le harcèlement et les attaques contre les journalistes persistent. Entre 2019 et 2022, Amnesty International a enregistré Au moins 133 attaques ont visé 225 journalistes et médias. Ceux qui traitent de sujets tels que les agressions sexuelles, la corruption, le crime organisé et les questions LGBTQ+ sont particulièrement touchés. particulièrement exposés aux représailles.
Des étudiants journalistes agressés physiquement et fermeture du magazine
Le lendemain de la publication de l'article, cinq hommes se disant proches d'un des professeurs accusés d'agression sexuelle se sont présentés dans les locaux du magazine. Ils ont agressé physiquement la journaliste étudiante Nurdin Kaisupy et le graphiste Muh Febrianto, puis ont brisé les vitres des bureaux.
Quelques jours plus tard, le recteur de l'université annonça la fermeture immédiate du magazine. Dans son communiqué, il ordonna à la sécurité du campus de sceller les bureaux du journal et de saisir tout le matériel. L'université dénonça également neuf étudiants journalistes à la police, qui furent convoqués ultérieurement pour fournir des explications.
Suite à l'annonce de l'université, de nombreuses organisations à travers l'Indonésie se sont manifestées pour apporter leur soutien. LPM Lintas. Il s'agit notamment d'organismes médiatiques tels que l'Association des journalistes de télévision indonésiens et l'Alliance des journalistes indépendants d'Ambon, ainsi que d'universités et de mouvements féministes.
IAIN Ambon a demandé LPM Lintas L'université IAIN Ambon a refusé de divulguer les noms des victimes et auteurs présumés mentionnés dans l'enquête. Yolanda Agne, rédactrice en chef du magazine, a proposé que l'université suive les recommandations de 2019 du ministère des Affaires religieuses concernant la création d'un groupe de travail sur les violences sexuelles sur le campus. IAIN Ambon n'a pas donné suite à cette suggestion.
Des étudiants réclament l'annulation de la fermeture du magazine
En juillet 2022, quatre étudiants travaillant pour le magazine ont contesté la décision du recteur de l'université en déposant une plainte auprès du tribunal administratif d'Ambon. Ils ont demandé l'annulation de cette décision afin de pouvoir reprendre la publication. LPM Lintas. Ils ont fait valoir que cette interdiction violait leur droit à la liberté d'expression, garanti par la constitution indonésienne.
Suivi des procédures judiciaires et soutien continu aux étudiants
La plainte a été rejetée en première instance par le tribunal administratif pour des raisons de forme, puis en appel. Les étudiants ont été empêchés de poursuivre leurs études à l'IAIN Ambon du fait de leur implication dans la procédure judiciaire. L'affaire est actuellement portée devant la Cour suprême.
La pression exercée par les organisations de la société civile a permis la levée de la suspension académique des étudiants. Par ailleurs, un groupe de travail pour la prévention et la prise en charge des violences sexuelles a été mis en place. Cette initiative, à laquelle l'université s'était initialement opposée, a finalement été réintégrée. Cependant, des efforts sont déployés pour rétablir les étudiants. LPM Lintas continuer.
Cette affaire a des conséquences importantes pour l'exercice des droits à la liberté d'expression et au droit d'accès à l'information en Indonésie. Le rejet de la requête par les tribunaux de première et de deuxième instance, ainsi que la décision du recteur de l'université de faire taire une publication étudiante sans fondement juridique, constituent un précédent inquiétant pour les autres journalistes de la région. Un arrêt de la Cour suprême rétablissant… LPM Lintas cela créerait un précédent positif contre la fermeture arbitraire de points de vente similaires.