La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme, dans une jugement La décision publiée aujourd'hui reconnaît que le droit d'accès à l'information est une composante importante du droit à la liberté d'expression. Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme. Cette décision constitue une victoire pour les journalistes, les blogueurs et les ONG qui, dans le cadre de leur rôle de « chiens de garde », dépendent de l'accès aux informations détenues par l'État pour mener des enquêtes.
L'affaire a été portée devant la justice par le Comité Helsinki hongrois dans le cadre d'une enquête sur le contrôle exercé par la police hongroise sur la désignation des avocats commis d'office pour défendre les personnes accusées d'infractions pénales. Les autorités ont refusé de communiquer au Comité les informations relatives à cette désignation, et les tribunaux hongrois ont refusé d'ordonner aux services de police de fournir ces informations.
La Grande Chambre a conclu qu'en omettant de fournir des informations sur une question d'intérêt public manifeste, la Hongrie avait violé le droit d'accès à l'information du Comité. Cette décision est importante car elle reconnaît que, dans les circonstances de l'espèce, l'article 10 de la Convention pouvait être interprété comme incluant un droit d'accès à l'information.
Dans sa décision, la Grande Chambre a souligné l'importance de garantir le droit d'accès individuel à l'information détenue par l'État afin d'aider le public à se forger une opinion sur les questions d'intérêt général. Alinda Vermeer, juriste principale chez MLDI, s'est félicitée de cette décision et a déclaré : « L'arrêt d'aujourd'hui confirme une fois de plus que le droit à l'information est une composante essentielle du droit à la liberté d'expression. Il s'agit d'une avancée significative vers plus de transparence et de responsabilité dans nos sociétés. » Cette décision aura probablement des conséquences importantes pour les futures affaires d'accès à l'information, notamment dans l'affaire de… Kennedy et le Times contre le Royaume-Uni dans laquelle MLDI est intervenue en tant qu'intervenante.
Le Initiative de défense juridique des médias a coordonné une coalition d'ONG pour agir en tant que intervenants dans cette affaire, afin de représenter les intérêts des journalistes, des blogueurs et des ONG. La coalition comprenait Article 19, la Campagne pour la liberté d'information, le programme d'accès à l'informationet l'Union hongroise des libertés civiles.
Pour une analyse plus approfondie de l'arrêt de la Cour, voir ici.
MLDI tient à remercier Richard Clayton QC et Christopher Knight pour la rédaction de l'intervention, ainsi qu'Otto Volgenant, le Prof. Dr. Dirk Voorhoof et le Prof. Dr. Roger Mann pour leur précieuse contribution.