La Cour européenne des droits de l'homme a jugé que la Turquie avait violé les droits à la liberté, à la sécurité et à la liberté d'expression du journaliste Murat Aksoy, détenu lors de la répression qui a suivi la tentative de coup d'État de juillet 2016.

La Cour européenne des droits de l'homme a jugé que la Turquie avait violé les droits du journaliste Murat Aksoy, garantis par l'article 5, paragraphe 1, et l'article 10. M. Aksoy avait été arrêté et détenu lors de la répression gouvernementale qui a suivi la tentative de coup d'État de juillet 2016. Media Defence est intervenue en tant que tierce partie dans cette affaire, aux côtés de douze autres organisations de défense de la liberté d'expression.

M. Aksoy, chroniqueur réputé pour ses critiques acerbes du gouvernement turc, a été arrêté quelques semaines seulement après la tentative de coup d'État. Il a été accusé, entre autres, d'appartenance à une organisation terroriste, les autorités fondant ces accusations sur des tribunes libres qu'il avait publiées et qui critiquaient le gouvernement. M. Aksoy a été détenu de son arrestation jusqu'en octobre 2017, avant d'être de nouveau arrêté en novembre 2018, puis finalement libéré en janvier 2019.

Dans son jugementLa Cour a conclu qu'il n'existait aucun motif plausible de soupçonner M. Aksoy d'avoir commis une quelconque infraction pénale et que, par conséquent, sa détention prolongée violait ses droits garantis par l'article 5, paragraphe 1. Ayant jugé sa détention illégale, la Cour a également estimé que les autorités avaient violé son droit à la liberté d'expression.

Les intervenants avaient exhorté la Cour à examiner de près les circonstances dans lesquelles des journalistes critiques envers l'État sont pris pour cible en raison de leurs critiques, en particulier lorsqu'un schéma de restrictions des droits de l'homme se dessine. Cependant, encore une foisLa Cour n'a constaté aucune violation de l'article 18, malgré les allégations de M. Aksoy selon lesquelles les autorités turques poursuivaient manifestement un but inavoué en le détenant, à savoir le punir et le faire taire pour ses reportages. Au vu de ses conclusions antérieures, la Cour a estimé qu'il n'était pas nécessaire d'examiner ce grief séparément.

Media Defence a déposé cette intervention conjointement avec PEN International, ARTICLE 19, l'Association des journalistes européens, le Comité pour la protection des journalistes, le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias, la Fédération européenne des journalistes, Human Rights Watch, Index on Censorship, la Fédération internationale des journalistes, l'Institut international de la presse, le Projet international des juristes seniors et Reporters sans frontières.

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