La suite : Victor Ndoki – Cameroun

les nouvelles du pays le 30 oct

Décrivez les défis auxquels sont confrontés les journalistes travaillant au Cameroun.

La criminalisation du journalisme est une préoccupation constante au Cameroun. L'indépendance des journalistes est gravement compromise, empêchant ainsi les citoyens de connaître la réalité du pays. Les professionnels des médias doivent résister aux pressions financières et politiques pour rechercher et publier la vérité. La faiblesse des salaires proposés aux journalistes les expose également à de nombreuses tentations. Cette situation engendre la suspicion et discrédite les journalistes et les médias.

Comment les accusations portées contre vous vous ont-elles affecté, tant sur le plan professionnel que personnel ?

La crainte d'être condamné pour avoir publié des informations, même véridiques et vérifiables, a profondément perturbé ma vie professionnelle et personnelle. Aller en prison aurait signifié quitter mon travail et ma famille. De plus, les journalistes n'ont généralement pas les moyens financiers de payer des amendes. J'ai vécu dans un stress constant jusqu'au prononcé du verdict.

À quel point le soutien que vous avez reçu de MLDI a-t-il été important ?

Le soutien que j'ai reçu de MLDI a été d'une aide précieuse, me permettant de préparer mon procès avec sérénité. Sans ce soutien, compte tenu des ressources financières limitées dont disposent les médias au Cameroun, je suis certain que je n'aurais pas obtenu ce verdict favorable. Ce soutien m'a permis de régler intégralement les honoraires de mon avocat.

Quel impact cette affaire a-t-elle eu sur votre façon de travailler ?

J'aime mon travail, mais je ne suis pas suicidaire. Ma détermination est inébranlable, mais je sais que je peux me retrouver injustement derrière les barreaux, simplement pour avoir fait mon travail. Je fais plus attention à mes mots ; je vérifie et revérifie les informations plus qu'avant. Nos analyses restent pointues, mais on ne peut jamais être totalement à l'abri du pire.

L'abandon des poursuites contre vous a-t-il apporté des changements pour vous ou pour les autres journalistes couvrant l'actualité politique ?

Les autorités ont trouvé un nouveau moyen de faire taire les journalistes qui dénoncent les abus du gouvernement. Elles les accusent de manque de patriotisme ou d'agir de manière à ternir l'image du pays à l'étranger. Cette stratégie vise à saper la conscience des journalistes. Ainsi, outre la lutte pour leur propre survie et celle de leur profession, les journalistes doivent aussi protéger leur conscience contre les attaques des politiciens.

Êtes-vous impliqué(e) dans des campagnes visant à résoudre ces problèmes ?

J'ai récemment été nommé président de l'Association des rédacteurs en chef de la presse au Cameroun (GEJC). L'association a pour objectif de mettre en place un cadre économique et législatif favorable au développement de la presse indépendante au Cameroun, afin d'améliorer la qualité du contenu éditorial et de promouvoir l'accès à l'information et le pluralisme des médias. Nous souhaitons également nouer des partenariats avec des organisations internationales pour favoriser les échanges d'expériences. Pour ce faire, nous nous appuierons sur MLDI afin de relayer nos idées auprès d'organisations similaires et ainsi faciliter le partage de connaissances et d'idées.

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