L'année dernière, un homme de 62 ans est décédé dans une prison thaïlandaise. Ampon Tangnoppakul avait été incarcéré pour avoir simplement envoyé un SMS jugé insultant envers le roi. Il était poursuivi en vertu des lois de lèse-majesté, très strictes, qui criminalisent toute critique de la monarchie. Ces lois sont de plus en plus souvent utilisées de manière abusive pour réprimer la liberté d'expression en Thaïlande.
Somyot Preuksakasemsuk, militant syndicaliste de premier plan et rédacteur en chef du magazine « La Voix de Taksin » (La Voix des Opprimés), est également incarcéré en vertu des lois de lèse-majesté. Arrêté en avril 2011 pour « diffamation, insulte et menaces » envers le roi, il a été reconnu coupable en janvier dernier et condamné à 10 ans de prison. Les articles incriminés avaient été écrits plus d'un an auparavant par un collaborateur de « La Voix de Taksin ». Il a fait appel de sa condamnation, mais sa demande de mise en liberté sous caution a été rejetée en juillet, pour le quinzième jour suivant sa condamnation initiale.
Depuis sa prison, Somyot décrit la frustration liée à l'incarcération : « Je n'ai fait que remplir mon rôle de journaliste, exprimant mes opinions en toute indépendance, diffusant la vérité et critiquant la société et la politique, dans les limites de ma liberté fondamentale. J'ai exercé ma profession de journaliste en toute liberté, dans l'espoir de contribuer au progrès de notre société et de promouvoir l'égalité. Je joue mon rôle de porte-parole pour permettre à chacun d'exprimer des points de vue utiles à la société. »
MLDI a apporté son soutien à Somyot en déposant un mémoire d'amicus curiae, permettant ainsi aux parties intéressées de présenter leurs observations sur une affaire portée devant une juridiction nationale ou internationale, sans représenter aucune des parties. Nous avons fait valoir que la décision de la cour d'appel était contraire aux obligations de la Thaïlande au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Commentant le soutien apporté par MLDI à cette affaire, Nani Jansen a déclaré : « En droit thaïlandais, le droit à la libération sous caution est garanti jusqu'au prononcé du jugement définitif, même en cas d'appel. Des personnes accusées de crimes violents ont déjà bénéficié d'une libération sous caution ; le refus de libération sous caution pour Somyot laisse donc supposer des motivations plus politiques. »
Avant la dernière audience, Sukanya, l'épouse de Somyot, a expliqué pourquoi le soutien international était si important pour son mari : « Ici, les médias ne cessent de promouvoir la monarchie et de la présenter comme un membre loyal de nos familles. Il est difficile pour la population de comprendre pourquoi critiquer la monarchie est un droit fondamental. À cause du crime de lèse-majesté, les gens ont peur de soutenir Somyot, ce qui rend difficile pour moi d'obtenir du soutien en Thaïlande. Le soutien d'organisations internationales comme MLDI est un message fort adressé aux autorités thaïlandaises. »